Partons à présent  sur les pas d'un illustre homme de théâtre français.

 

 

Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris, Molière à vu le jour à Pézenas.

 

 

 

 

C’est probablement vers la fin de 1645 que le jeune Jean-Baptiste Poquelin rejoint, avec quelques comédiens rescapés du naufrage de " L’Illustre Théâtre ", la troupe de Charles Dufresne pour sillonner les routes du Languedoc.


 

 

 

Au cours de ces années d’apprentissage, durant lesquelles il devient directeur de la troupe, il apprend son métier d’acteur et perfectionne son jeu comique en jouant devant les publics les plus divers, qui parfois ne comprennent pas le français de la capitale.

 


En 1650, les Etats Généraux du Languedoc se tiennent à Pézenas et la troupe est retenue pour divertir ces messieurs des Etats.

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Ancienne capitale gobernorale des Montmorency, Pézenas, dont le nom est à jamais lié à celui de Molière, connaît au milieu du XVIIe siècle une certaine éclipse, mais joue encore un certain rôle politique.

 


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 C’est dans cette  ville  que commence véritablement la carrière de Molière, avec la rencontre du Prince de Conti,  troisième personnage de l’État. Ce puissant homme invite la troupe de Molière à donner la comédie à Pézenas, en 1653 dans son domaine de la Grange des Près. Entouré d’une cour remplie de brillants esprits tels que l’abbé de Cosnac, l’abbé Voisin, Guilleragues, Sarasin, Gourville et Voiture, Conti fait appel à la troupe de Molière pour le divertissement de Madame de Calvimont, sa maîtresse.

 



 

 

Conti se lie avec Molière, exprime le désir de le garder auprès de lui comme secrétaire et lui accorde sa protection ; la troupe reviendra jouer deux ans de suite à l’occasion des États Généraux du Languedoc.

 


 

 

Une ère de prospérité s’ouvre pour la troupe, jusqu’à la crise mystique du prince, qui vire à la dévotion sous l’influence de son confesseur, l’abbé Rouquette. 

 


 

 

C’est la fin de la protection du prince et les comédiens décident de quitter la région.

 


 

 

La ville actuelle de Pézenas témoigne de ce passé glorieux par sa richesse architecturale exceptionnelle, et l’on peut y voir de nombreux et splendides hôtels particuliers du XVIIe siècle.

 

 

 

 

 

Ces années en Languedoc auront marqué Molière, et certains de ses personnages sont peut-être inspirés par ses rencontres.

 


 

 

On a pu dire que Dom Juan, le "grand seigneur méchant homme" avait pour modèle le Prince de Conti, que Tartuffe avait pris certains des traits de l’abbé Rouquette, ou encore que la Comtesse d’Escarbagnas était issue de l’aristocratie méridionale...

 


 

On raconte aussi que Molière se rendait volontiers dans la boutique du barbier Gély, juste pour le plaisir d’observer les uns et les autres...


 

Molière est l’enfant chéri de Pézenas : c’est ici qu’au XIXe siècle se rallume la flamme du souvenir à la faveur du grand courant moliériste.


 

Et C’est là que l’on commémore sa mort et que la Comédie-Française vient lui rendre hommage.



 Aujourd’hui encore, cette mémoire cultivée par les Piscénois demeure vivace et l’esprit de Molière hante toujours la ville.


 

La ville est sereine en cette fin d'hiver, presque endormie et seuls quelques pigeons animent les ruelles de leur soyeux  "frou-froutements"  d'ailes et de leurs premières roucoulades.


 

L'esprit de carnaval se rappelle dans quelques vitrines joyeusement colorées.

Et puisque Molière n'était pas le dernier à aimer faire ripaille,

voici quelques vers tirés des femmes savantes

 

 

 

 Pour cette grande faim qu’à mes yeux on expose,


Un plat seul de huit vers me semble peu de chose,

 


 

Et je pense qu’ici je ne ferai pas mal,


De joindre à l’épigramme, ou bien au madrigal,

 

 

 

Le ragoût d’un sonnet, qui chez une princesse


A passé pour avoir quelque délicatesse.

Il est de sel attique assaisonné partout,


Et vous le trouverez, je crois, d’assez bon goût.

 


 

 

Achevons notre balade au fil de Molière avec quelques reproductions d'agrafes ou mascarons, qui ornaient les dessus de portes ou fenêtres des belles demeures de la cité.