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Grand bleu sur l'écran. Une jeune reporter, beauté solaire, teint hâlé, chemisier immaculé, légère brise dans ses longs cheveux noirs, voix grave et posée, micro au point. En toile de fond, un des rares bâtiments encore intact. Il y a comme une fêlure entre ses propos et l'air serein qu'elle affiche.

Puis surgissent des femmes en pleurs, fantômes grisâtres, des enfants ébêtés, statuettes de sel effondrés sur le bitume, souvent petits gisants pathétiques. Une jeune lycéenne dans son uniforme, passe devant la caméra en hurlant, bras en croix, visage tourné vers les cieux limpides. Et puis des corps, pantins désarticulés sur les trottoirs et les montagnes de gravats. Enfin des hommes, qui témoignent en tentant l'impossible, dégager encore quelques survivants mais surtout des cadavres et enterrer ses derniers au plus vite.

Ils avaient si peu, à présent ils n'ont plus rien. Leurs yeux accusateurs dardés vers un journaliste, ils demandent où sont passés les secours promis. En attendant, la soif et la faim font leur oeuvre et les premiers blessés entament leur longue agonie, faute de médicaments et de blocs opératoires. Le reporter affirme que les équipes de sauvetage sont bien là, mais en raison d'une logistique inexistente, les secours tardent à se mettre en place. Qu'attend l'ONU pour prendre les rênes ? La révolte gronde.

J'ai soudain très froid. Alors, en ces journées terribles, qui nous rappelent la fragilité de nos existences, mon seul recours réside dans un profond sentiment d'empathie. Haïti souffre, mon coeur pleure à l'unisson.

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